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Les sentiers de la gloire (Paths of glory, 1958)

Cette fois, la machine n’est pas le film, mais la guerre elle-même, un des grands dadas de Kubrick. Formellement c’est une œuvre de transition, moins évidente et ostentatoire que L’ultime razzia.
Kubrick y peaufine son art : les longs travellings arrière dans les tranchées préfigurent la schizophrénie labyrinthique de Shining. ; la scène du tribunal militaire, avec ses cadrages très graphiques, ses contre-plongées wellesiennes, annonce le délire de Docteur Follamour ; l’effet détonnant de la valse viennoise du bal militaire, contrepoint ironique à la cruauté de la situation, sera repris dans 2001. Les sentiers de la gloire est indéniablement un brûlot contre la guerre. En 1916 un général français lance sciemment ses soldats dans un assaut impossible. C’est la débâcle, et le chef militaire punit la compagnie en faisant fusiller trois hommes pour l’exemple. Le film fut interdit en France jusqu’en 1976, bien que la cible de Kubrick ne soit pas réellement l’armée française, ni ses généraux sans scrupules. L’ennemi principal du cinéaste est simplement la logique de guerre qui transforme l’homme en pion de jeu d’échec.
Vincent Ostria

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