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Docteur Folamour (Dr. Strangelove, 1963)

Annonçant 2001 dés les premiers plans- des images de bombardiers en vol accompagnées par une douce musique symphonique-, Kubrick franchit un nouveau palier. Dans Docteur Folamour il filme purement et simplement des machines comme dans son grand opus de SF. Ce sont elles qui mènent le jeu dans cette farce cinglante sur l’apocalypse nucléaire, s’appuyant sur la psychose de la guerre froide. Dans cette œuvre technoïde, les hommes ne sont que les simples agents de maintenance des machines chargés d’appliquer les divers ordres, codes, consignes, procédures. D’autre part c’est aussi un film de guerre qui contient tous les autres. A l’instar du personnage- titre galvanisé par la destruction, le Docteur Folamour, caricature outrée du savant nazi à la Wernher Von Braun Kubrick éprouve une indéniable fascination pour ce qu’il stigmatise. Il dévoile toutes ses batteries idéologiques dans cette satire politique touta en atteignant son apogée stylistique : images aux contrastes extrêmes, lumière zénithales, jeu dynamique avec le grand-angle. Toutes les composantes de son art monumental du récit réunies pour la première fois.
Vincent Ostria

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