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2001 : l’odyssée de l’espace (2001 : A Space oddissey, 1968)

Comment résumer une œuvre qui tourne autour du destin de l’humanité et du mystère de l’univers ? Comment faire passer par les mots un trip abstrait ? Aujourd’hui on se contentera donc de relever un seul aspect de 2001, la permanence des figures organiques et sexuelles. Rondeur des planètes, profil érectile du monolithe et du vaisseau Discovery, modules ovulaires, stations orbitales femelles et fusées mâles qui "copulent" aux accents du Beau Danube Bleu, alunissage "pénétrant", astronaute-fétus relié au vaisseau-placenta, vaisseau Discovery apparenté à un gigantesque organisme régi par HAL 9000, son cœur et cerveau, équivalence de l’espace intersidéral et de la soupe amniotique, récurrence des formes circulaires et phalliques, du dehors et du dedans, machines/machines ou machines/planètes : pas un hasard si le film se termine sur l’image d’un concept étrange qui tient à la fois de l’embryon humain, de la machine et de la planète.
Tous les mouvements et les formes contenus dans 2001 sont des abstractions géométriques, mais qui renvoient aux lois primitives de la vie et du cosmos, de l’infiniment grand à l’infiniment petit, des atomes aux galaxies, des ovules aux planètes, des hommes aux machines. Pour "illustrer" cette éternelle loi circulaire, (cette éventuelle loi unique universelle dont rêvent les scientifiques) qui ferait tourner aussi bien les électrons que les étoiles, rien de plus logique, finalement, que d’opter pour une valse de Stauss.
Serge Kaganski

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