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Fear and desire (1953)

Décrit par son créateur comme "incompétent et prétentieux", le film n’a pas été montré en salle depuis sa sortie, il y a quarante ans.(...) Seules des copies existent pour projection privée.(...) Fear and desire est un film de guerre dont l’apparence au genre est rehaussée par l’absence de renseignements sur le temps et l’espace. Nous sommes au royaume de Chaqueguerre, peuplé de tout un chacun. Autrement dit nos pairs. Comme dans un jeu de Légo, les spécificité peuvent varier.
Universels, nos désirs et nos peurs sont cependant immuables. Un quatuor de soldats, piégés derrière les lignes "ennemies", projettent de rentrer chez eux. Une rivière, un radeau, l’aérodrome et un général de l’armée aérienne sont les autres éléments. Le menu est composé de différences de perception - tous pour un et voix off pour tous .(...)
Les êtres ne sont pas là en chair et en os.
Au début le spectateur est déconcerté. La maladresse devient comique. Mais "après coup", cette approche sembles adaptée au but du cinéaste. Tout étoffement aurait peut-être nui au principe qui structure le film. Car Fear and desire , au lieu d’être une illustration concrète du genre auquel il appartient, en est bien davantage une illustration formaliste. (...) Avec son premier long métrage, Kubrick y allait à pleins tubs pour satisfaire aux exigences de son ambition sans bornes. Pourtant des structures cristallines, des motifs thématiques en sortent indemnes. En tant que jeu d’équilibre entre le sauvage (arbitraire) et l’irréfutable (planétaire), Fear and desire , à l’heure même ou nous pouvons le voir, ne cessera de raisonner tout au long de cette carrière.
Chris Chang
Extraits d’un texte écrit pour Film comment en 94, publié par Positif en 97. Avec l’aimable autorisation de Michel Ciment.

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