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Le baiser du tueur (Killer’s kiss, 1955)

Son deuxième long métrage est un film noir réalisé avec un budget minuscule et une totale indépendance. Kubrick y assure seul les principales fonctions : producteur, monteur, directeur de la photographie et réalisateur. C’est aussi lui qui a l’idée de l’histoire, racontée de façon morcelée. Un boxeur au bout du rouleau (la scène du combat dans "le baiser du tueur" démontre déjà une certaine jouissance à filmer -magistralement- la violence) vient en aide à une voisine, tombe amoureux d’elle et se retrouve mêlé à une sale affaire de désir et de jalousie. Devant ce film, parfois maladroit, on décèle l’ambition de Kubrick de raconter une histoire (assez simpliste) de la façon la plus cinématographique possible, avec la lumière comme principale protagoniste. Le baiser du tueur est une compilation hétéroclites de moments kubrickiens à venir, (rêves, voix off, violence abrupte) et le brouillon d’une méthode qui consistera à organiser un récit autour d’une poignée de moments inoubliables. La dernière scènes, ou le héros livre un combat à mort avec son rival dans un hangar rempli de mannequins, accumule les motifs visuels de nombreux films suivants de Kubrick. Détail extrêmement troublant qui vient confirmer la dimension obsessionnelle de l’univers du cinéaste.
Olivier Père

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