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L’ultime razzia (The killing, 1956)

Impeccable, pourrait-on dire, si ce n’était pas précisément l’histoire d’un ratage parfait. Curieusement, le tout début du film fait penser à un péplum à la Ben Hur, mais on bascule très vite dans un cinéma noir pur et dur.
Film constat, film machine, l’Ultime razzia démonte un à un les rouages d’un engrenage apparemment sans faille, qui va s’avérer de plus en plus vain et aberrant. Ponctué par une voix off factuelle, de speaker d’actualités, calqué sur la série télé Dragnet qui faisait fureur à l’époque, le film relate la chronologie du hold - up d’un hippodrome préparé par un groupe d’homme. Chronique d’un échec annoncé. Dés la première demie heure, le commentaire suggère que l’organisateur du coup, colosse aux pieds d’argile comme son nom l’indique,- Johny Clay, l’inoubliable Sterling Hayden- pourrait mourir le jour même (ironiquement il sera le seul épargné). On ne peut pas parler de fatalisme au sens propre, le film, très froid, rapide, rythmé, ne laissant jamais le temps à la tragédie de s’installer. Il y a presque de l’indifférence dans le regard que porte Kubrick sue ses personnages fragiles et angoissés. C’est peut-être pour cela que ce film noir, plus brillant mais moins poétique que le classique Quand la ville dort, nous laisse un peu sur notre faim. Mais cela reste un superbe objet qui a laissé une marque indélébile chez plus d’un Tarantino.
Vincent Ostria

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